Communication de crise : messages, EDL et porte-parole

En crise, le risque n’est pas seulement l’événement : c’est la dissonance.

Une communication efficace n’est pas du “maquillage” : elle doit être synchronisée avec l’opérationnel,
validée vite, et traçable. Objectif : protéger la confiance sans promettre l’impossible.

Communication de crise

Vue d’ensemble : Continuité & gestion de crise • Organisation : Cellule de crise

En bref

Évite

Messages contradictoires, aveux involontaires, promesses intenables, perte de confiance.

Permet

Tempo maîtrisé, cohérence interne/externe, validation rapide, posture crédible.

Résultat

Une communication qui soutient l’action, protège la marque et prépare le RETEX.

La règle d’or : l’opérationnel commande, la communication synchronise

La meilleure com’ de crise est celle qui tient sur des faits vérifiables, une posture claire, et un engagement réaliste. Pas de storytelling : de la précision utile.

Ce qu’on dit

  • Ce qui est confirmé (faits).
  • Ce qui est en cours d’analyse (incertitudes assumées).
  • Ce qui est fait maintenant (actions).

Ce qu’on ne dit pas

  • Les hypothèses non validées.
  • Les promesses impossibles à tenir.
  • Les détails qui aggravent le risque (juridique / sécurité).

Un bon message protège l’action. Un mauvais message la sabote.

Holding statement : parler dans la première heure (sans se piéger)

L’objectif du holding statement n’est pas de tout expliquer. Il sert à prendre la parole, montrer la maîtrise, et gagner du temps pendant que l’équipe stabilise la situation.

La structure Niutime (5 lignes)

  1. Fait : “Un incident est en cours…”
  2. Périmètre : “Nos équipes évaluent l’impact sur…”
  3. Action : “Les mesures suivantes sont engagées…”
  4. Engagement : “Nous communiquerons à nouveau à…”
  5. Contact : “Un point de contact est disponible…”

Évite : le silence + les rumeurs.
Permet : cadrer la narration.

Exemple (modèle à adapter)

Note : ceci est un gabarit. On ne publie que des faits confirmés.

“Nous faisons face à un incident en cours d’investigation. Nos équipes sont mobilisées pour en mesurer l’impact et rétablir la situation au plus vite. À ce stade, nous communiquerons une mise à jour à [heure/date]. Pour toute question, [canal de contact].”

Éléments de langage (EDL) : cohérence, vitesse, traçabilité

Les EDL servent à garder un cap quand la pression monte. Ils évitent que chacun improvise. On décline un même message pour des audiences différentes : interne, clients, partenaires, autorités, médias.

Interne (salariés)

Rassurer, protéger, donner une conduite à tenir et éviter les fuites non maîtrisées.

Évite : l’angoisse + les “screens” sur WhatsApp.
Permet : alignement.

Clients / usagers

Impact réel, alternatives, délais, points de contact. Pas de promesses vagues.

Évite : la colère.
Permet : confiance.

Médias / public

Faits confirmés, posture, actions, prochain point. Ton sobre, empathique.

Évite : l’emballement.
Permet : maîtrise.

Le “triptyque” EDL (à tenir sous stress)

Faits
confirmés, datés

Actions
ce qui est engagé maintenant

Engagement
prochaine mise à jour

Circuit de validation : rapide, réaliste, compatible avec l’urgence

Le piège classique : un circuit “normal” (marketing/juridique/direction) qui devient impossible en crise. On construit un circuit court, avec délégation explicite et règles simples.

Le modèle court (recommandé)

  • Rédaction : Communication
  • Validation faits : Opérations / DSI (selon crise)
  • Validation risque : Juridique (si nécessaire)
  • Go final : Directeur de crise

Évite : l’attente et la paralysie.
Permet : tempo maîtrisé.

Règles qui sauvent

  • Une version unique des EDL (pas de “copier-coller” multiples).
  • Chaque message a un ID, une heure, un propriétaire.
  • On sépare faits et hypothèses.
  • On planifie le prochain point avant de publier.

Évite : contradictions et retraits.
Permet : traçabilité.

Le circuit vit dans la cellule de crise : qui décide, qui trace, qui publie.

Porte-parole : posture, discipline, entraînement

Le porte-parole n’est pas “le plus à l’aise”. C’est celui qui tient une ligne claire, reste factuel, et protège l’organisation sans perdre l’empathie.

Posture

Clarté, sobriété, empathie. On assume ce qu’on sait, on annonce ce qu’on fait.

Évite : l’arrogance ou la panique.
Permet : crédibilité.

Discipline

On répond à la question sans “sur-révéler”. On reste sur faits + actions + prochain point.

Évite : le piège des détails.
Permet : maîtrise.

Entraînement

Media training intégré en exercice : questions difficiles, relances, contradictions, timing.

Évite : l’improvisation.
Permet : performance sous stress.

Pour tester en conditions réalistes : exercices de gestion de crise.

Ce que vous obtenez : un kit communication de crise opérationnel

Pas de théorie. Un kit qui sert le jour J : modèles, circuits, EDL, et traçabilité. Conçu pour fonctionner avec votre cellule de crise.

Holding statement (gabarit)

Structure + variantes par canal (site, mail, réseau social, interne).

Bibliothèque EDL

Messages prêts + déclinaisons par parties prenantes (interne, clients, médias).

Circuit de validation

Rôles, délégations, règles, versioning, archivage.

Trames de communication

Point de situation, note interne, FAQ courte, Q/R porte-parole.

Logbook “com”

Traçabilité des publications : quoi, quand, version, auteur, canal.

Plan media training

Scénarios de questions, relances, pièges, critères d’évaluation.

FAQ — Communication de crise

Faut-il communiquer tout de suite ?

Oui, dès qu’il y a un risque de rumeur ou une exposition externe. Un holding statement court protège votre tempo et vous laisse le temps d’investiguer.

Comment éviter les contradictions ?

Une version unique des EDL, un circuit de validation court, et un logbook de publication. Les messages doivent coller aux faits et aux actions engagées.

Qui valide les messages ?

Le directeur de crise valide. Les faits sont confirmés par l’opérationnel (ops/DSI), et le juridique intervient quand le risque l’exige.

Comment préparer un porte-parole ?

Par media training + exercice : questions difficiles, relances, contradiction d’informations, maintien de la posture et de la ligne de message.

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