Cellule de crise : composition, rôles et rituels pour décider vite

Une cellule de crise performante n’est pas un comité.

C’est une chaîne de décision courte, une coordination fluide, et une traçabilité impeccable, pour piloter sous contrainte, sans se disperser.

Cellule de crise

En bref

Évite

Décisions dispersées, messages contradictoires, perte de temps, “réunionite”.

Permet

Arbitrages tracés, coordination transverse, communication alignée, tempo maîtrisé.

Résultat

Une cellule qui active vite, pilote sous pression, et capitalise via RETEX.

Le modèle Niutime : une cellule “commando”, pas un comité

Plus la crise monte, plus il faut réduire le nombre de décideurs autour de la table. Le reste doit être organisé en relais, pas en “invités”.

Le noyau dur (3 rôles non négociables)

  • Directeur de crise (Pilotage) : tranche, arbitre, tient le cap et le tempo.
  • Main courante (Traçabilité) : consigne faits, décisions, actions — chronologie reconstituable.
  • Communication (Voix) : messages cohérents, validés vite, synchronisés avec les opérations.

Évite : 15 personnes qui “donnent un avis”.
Permet : une décision courte + une exécution claire.

Le cercle élargi (en relais, sur demande)

  • Opérations / Métiers : impacts, priorités, arbitrages terrain.
  • DSI / Cyber : diagnostic, options techniques, délais, risques résiduels.
  • Juridique / Conformité : obligations, notification, risques contractuels.
  • RH / Sûreté : personnes, astreintes, conditions de travail, sécurité.
  • Fournisseurs : dépendances, alternatives, délais, engagements.

Évite : le bruit et les digressions.
Permet : d’appeler la bonne compétence au bon moment.

Rôles & responsabilités : qui fait quoi, quand ça chauffe

Une cellule efficace tient sur des responsabilités simples. Chaque rôle a une mission, un livrable, et un rythme.

Pilotage (Directeur de crise)

Cadre la situation, priorise, arbitre, décide, valide les messages clés.

Évite : l’enlisement.
Permet : des décisions assumées et comprises.

Traçabilité (Main courante)

Faits datés, décisions, actions, responsables, échéances. Chronologie claire.

Évite : “on ne sait plus qui a décidé quoi”.
Permet : preuve, audit, RETEX propre.

Coordination (Ops lead)

Orchestre l’exécution, suit les actions, remonte l’état réel et les blocages.

Évite : les actions non suivies.
Permet : un pilotage “terrain”.

Communication (EDL)

Prépare holding statement + éléments de langage, aligne interne/externe.

Évite : messages contradictoires.
Permet : cohérence et crédibilité.

Expertise (DSI / Cyber / Juridique)

Fournit options, impacts, délais, risques. Pas de pilotage, de l’éclairage.

Évite : les “débats techniques” sans décision.
Permet : arbitrage éclairé.

Observateur (si exercice)

Observe sans intervenir, collecte les écarts, prépare le RETEX.

Évite : le biais “on s’auto-évalue”.
Permet : une mesure objective.

Pour la brique communication : communication de crise.

War room : le lieu et les outils minimum

Une cellule sans visibilité devient une cellule qui discute. L’objectif est simple : voir les faits, voir les impacts, voir les décisions.

Configuration “physique” (simple)

  • 1 tableau “Faits / Impacts / Décisions / Actions”.
  • 1 écran pour suivi (SI, opérations, média) + 1 écran pour logbook.
  • Annuaire d’astreinte à jour (numéros, remplaçants, escalade).
  • Règles de réunion : durée, rythme, qui parle, qui décide.

Évite : l’improvisation.
Permet : un cadre stable dès l’activation.

Configuration “digitale / hybride”

  • Canaux dédiés (cellule / ops / com) + règles de message.
  • Un logbook partagé (main courante) avec horodatage.
  • Un dossier unique (EDL, communiqués, PV, captures).
  • Un tableau d’actions (owner + due date + statut).

Évite : la dispersion multi-outils.
Permet : continuité et traçabilité.

Rituels : la différence entre “réunion” et “pilotage”

Une cellule tient par ses rituels. Ils créent le tempo, protègent la décision, et rendent la crise pilotable.

Point de situation (court)

10–15 min. Faits nouveaux, impacts, risques, actions en cours. Pas de débat.

Évite : le bavardage.
Permet : une visibilité partagée.

Point décision

5–10 min. 1 décision = 3 options max. Décision tracée + action assignée.

Évite : “on verra”.
Permet : arbitrages nets et suivis.

Point communication

Holding statement / EDL, interne puis externe. Validation rapide, diffusion contrôlée.

Évite : la dissonance interne/externe.
Permet : crédibilité et cohérence.

Le “triptyque” à tenir à chaque cycle

Faits
Ce qu’on sait / ce qu’on ne sait pas

Décisions
Ce qui est tranché / par qui / pourquoi

Actions
Qui fait quoi / pour quand / preuve

Pour transformer ces rituels en réflexes : exercices de gestion de crise.

Checklist d’activation : 6 questions qui évitent 80% des erreurs

  • Quel est l’événement déclencheur (fait) ?
  • Quel impact métier à 2h / 24h / 72h ?
  • Quelle décision immédiate est nécessaire ?
  • Qui est le noyau dur (3 rôles) ?
  • Quel message interne dans la première heure ?
  • Quel rythme de points (15/30/60 min) ?

Besoin d’un kit complet (rôles, logbook, trames, playbooks) : structurer votre gestion de crise.

FAQ – Cellule de crise

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